Année 2017 


 Ateliers d'été 2017 

Pourquoi les écologistes
ignorent-ils ce qu'est la technique ?

Nos prochains ateliers d'été se dérouleront du 22 au 24 juillet dans la communauté de Longo maï, près de Forcalquier (Alpes de Haute Provence).

Alors que pour la première fois depuis des années, aucun parti écologiste ne présentait de candidat aux élections présidentielles, l'intitulé (à dessein provocateur) et le sous-titre sont étroitement liés : "pourquoi l'écologie perd-elle tous ses combats ?" "pourquoi les écologistes ignorent-ils ce qu'est la technique ?".

L'idée générale est la suivante : deux grands courants s'opposent frontalement au sein de l'écologie. Présente dans tous les grands sommets médiatisés (Sommet de Grenelle, Cop 21, etc...) sous la forme d'ONG et de partis politiques, l'écologie institutionnelle constitue la première tendance. Siégeant dans les gouvernements, elle défend l'idéologie de la croissance ou la critique mollement (croissance soutenable, développement durable...). Plus ancienne mais moins importante en nombre et marginalisée par les médias, l'écologie radicale constitue le second type. On la retrouve dans des communautés qui critiquent le productivisme et défendent l'idée de décroissance. Certaines, d'inspiration anarchiste, défient l'État et la globalité du système, c'est le cas de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où nous tenions nos ateliers il y a deux ans. D'autres, plus anciennes, ont opté pour un fonctionnement plus pérenne, c'est le cas justement de Longo maï, établie depuis près de 45 ans.

Nos ateliers s'axeront autour d'une thèse : malgré une plus grande réflexivité au sein de l'écologie radicale, les deux courants restent globalement sourds aux apports de la pensée technocritique : "les" techniques sont certes mises en débat (le nucléaire, les OGM, le pillage des ressources fossiles, les manipulations sur le génome... ) mais jamais pensées dans leur globalité. En raison même de cette segmentation, "la" technique n'est donc jamais perçue comme une idéologie à part entière ; a fortiori une idéologie surdéterminante, qui formate et conditionne les autres.

Comme lors des trois éditions précédentes, les ateliers accueilleront trente personnes s'étant engagées à lire différents textes. 

 LECTURES PRÉPARATOIRES 

Trois textes, datant des années 1970, serviront de socle aux débats :

  • Plaidoyer contre la défense de l’environnement
    un article de Jacques Ellul (1972) Lire ici
  • Ecologie et liberté
    de Michel Bosquet (alias André Gorz), Écologie et liberté, Galilée, 1977
    Présentation ici
  • Le Feu vert
    de Bernard Charbonneau (1980)
    réédition : Parangon, 2009
    Lire en particulier le chapitre 10 :
    La récupération par la politisation - dépolitisation

Par delà ces textes de référence, d'autres, plus actuels, sont proposés :

  • Ecologie et liberté. Bernard Charbonneau, précurseur de l'écologie politique
    de Daniel Cérézuelle (Parangon, 2006).
  • La face cachée du numérique. L'impact environnemental des nouvelles technologies
    de Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot (L'Échappée, 2012).
  • L'enfer vert, Un projet pavé de bonnes intentions, Critique de la planification écologique
    de Tomjo (l'Échappée, 2013).

Afin de  préparer au mieux la rédaction d'un manifeste "Pour une écologie technocritique",
le troisième jour des ateliers, on lira avec profit :

  • Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences
    Lire en particulier le chapitre 10 ("Technosciences, écologie et nouvelles radicalité')
    de François Jarrige (La Découverte, 2014)

 ORGANISATION DES JOURNÉES 

Les échanges du matin seront structurés chacun en deux débats.

Samedi 22 : Écologie et technocritique. Deux histoires devenues fatalement parallèles

  1. Retour historique : au XIXe siècle, les postures technocritique et écologiste ne faisaient qu'une. 
  2. Point de discorde : l'environnementalisme (analyse des textes d'Ellul et Charbonneau)

Dimanche 23 : Développement durable versus décroissance. Deux utopies, un même manque de discernement

  1. Pourquoi, au delà de la sphère écologiste, la technique reste-elle un impensé en tant qu'idéologie ?
  2. Pourquoi, malgré son antiproductivisme affiché, l'écologie dite "radicale", reste t-elle rivée au concept de décroissance ? 

Lundi 24 : Par delà les COP et les ZAD. Plaidoyer pour une écologie enfin technocritique

  1. Technologos peut-il contribuer à faire avancer le débat ? Par où commencer ? Quels contacts opérer ? 
  2. Esquisse d'un manifeste "Pour une écologie technocritique".

Nota : La librairie de l'écologie de Gap mettra à disposition un précieux stock de livres neufs et d'occasion.

Informations complètes : lire le document

Contact : ateliersdete@technologos.fr 

 SON COMPTE-RENDU 

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 Assises 2017 

Numérisation de l’éducation :

promesses, illusions et enjeux 

15 et 16 septembre à l'EHESS

105 boulevard Raspail - Paris 6ème

Accéder à la retranscription des interventions

Lancé en mai 2015 par le Président de la république, le « Plan numérique pour l’éducation » se déploie à marche forcée. Le gouvernement français annonce ainsi que des milliers d’écoles et des centaines de milliers de collégiens vont être dotés de tablettes numériques, cofinancées par l’État et par les collectivités territoriales, alors que des expériences similaires aux États-Unis ont montré que la mise à disposition d’un ordinateur personnel affecte négativement l’évolution scolaire des élèves. Les promesses du numérique prolifèrent dans l’éducation comme ailleurs. Des structures, des outils, des langages nouveaux s’inventent pour intégrer les impératifs numériques dans le système éducatif – formidable terrain d’expérimentation de la numérisation du monde.

La pédagogie dite numérique est convoquée pour résoudre les problèmes de l’école et pour faire entrer les élèves dans ce que nous supposons être le monde du XXIe siècle. Plus l’école et l’éducation sont présentées comme étant en crise, plus l’utopie numérique y multiplie les promesses. Promettant l’individualisation des apprentissages là où se déploie une massification dépersonnalisée, relayant une injonction permanente à innover, à être optimistes, à exceller, à se renouveler, à s'inventer, le numérique s’impose partout alors que c’est la maîtrise insuffisante des savoir-faire fondamentaux qui apparaît la cause principale de la dégradation de l’insertion professionnelle des plus jeunes. Les dirigeants économiques, intellectuels et politiques ne cessent d’appeler leurs contemporains à céder devant l’impératif du progrès technique, s’en remettant les yeux fermés aux futurologues de la Silicon Valley… sans s’interroger un instant sur le fait que nombreux sont désormais ceux parmi ces derniers qui envoient leurs propres enfants dans des écoles « sans écrans ».

Peu leur importe que le monde souffre de surconsommation de ressources et d’énergie (que consomme un data center ?), de pollution généralisée (que deviennent les déchets électroniques ?), de la reproduction ou de l’aggravation des inégalités spatiales et sociales, de l’épuisement des psychismes sous l’effet de l’accélération généralisée. Peu importent les connaissances alarmantes en sciences cognitives sur les effets néfastes des écrans dans l’apprentissage, l’appauvrissement des savoir-faire, l’affaissement des liens pédagogiques, les inégalités des pratiques face aux techniques, l’infantilisation et l’entrée en force de firmes privées dans l'enseignement public, ou la politique de réduction des effectifs d’enseignants par le numérique à l'heure de l'austérité budgétaire. Peu importe l’obsolescence rapide des appareils numériques, alors que le monde souffre de surconsommation (que consomme un data center ?) et de pollution généralisée (que deviennent les déchets électroniques ?). Peu importe la reproduction ou l’aggravation des inégalités spatiales et sociales, et l’épuisement des psychismes sous l’effet de l’excitation permanente.

Dans ce contexte, l’association Technologos, qui s’est donnée comme mission d’interroger et de mettre en débat les choix techniques de nos sociétés, a choisi de consacrer ses 5ème assises nationales à la numérisation de l’éducation au sens large. En croisant le regard d’experts et de praticiens, d’observateurs du numérique et d’enseignants, ces deux jours seront l’occasion d’échanger et de débattre des enjeux du numérique à l'école et dans l'éducation non scolaire – de ses promesses et de ses réalisations, mais aussi de ses dégâts et des moyens d’y résister.

Programme visible aussi en format pdf

Vendredi matin - Promesses et illusions de la numérisation scolaire

9h : accueil et introduction

9h30 -10h15

  • Guillaume Carnino, historien des techniques, UTC
    Les datacenters ou les coulisses du numérique : renouveau pédagogique ou expropriation politique ?
     
  • Bernard Legros, enseignant, essayiste, membre de l'Appel pour une école démocratique et membre-fondateur du Mouvement politique des objecteurs de croissance (Belgique)
    Une éducation scolaire à la décroissance est-elle soluble dans le numérique ?

10h30 -12h

  • Cédric Biagini (animateur des éditions L'échappée, auteur de L'emprise numérique (2012) et coordinateur de L'assassinat des livres par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde (2015)
    La colonisation numérique du monde et de l'école
     
  • Karine Mauvilly, essayiste, co-auteure avec Ph. Bihouix du Désastre de l'école numérique (Seuil, 2016)
    Ecole numérique : les promesses non tenues d'une utopie déjà ancienne

Vendredi après-midi - Des écrans partout : un état des lieux au quotidien

14h-17h : Table ronde et débat : Les écrans : quelle place dans le développement de l'enfant ?

  • Anne-Lise Ducanda (médecin de PMI en Ile de France)
     
  • Sabine Duflo (psychologue clinicienne, thérapeute familiale)
     
  • Carole Vanhoutte (orthophoniste, formatrice et co-fondatrice de l’association
    « Joue, pense, parle »)

17 h 30 : Projection du film « Ecran Global », réalisé par Anne-Sophie Lévy-Chambon

Samedi matin - Eduquer à quoi ?

9h00-10h30

  • Amélie Hart-Hutasse et Alice Cardoso, (enseignantes, SNES)
    Le numérique et la transformation du travail enseignant : le visible et l'invisible
     
  • Muriel Epstein, (enseignante-chercheuse, Université Paris 1)
    Le numérique existe dans le monde ; doit-on l'intégrer à l'école ?

10h45-12h15

  • Christophe Cailleaux, enseignant
    L’entrée des grands groupes numériques à l’école
  • Olivier Rey, chargé de recherche du CNRS à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques
    La décivilisation numérique

12h15-13h : discussion générale et conclusion

 

A noter que le samedi après-midi aura lieu l'assemblée générale de l'association

 

Informations : assises@technologos.fr