Rencontres 2025 : "LA MEGAMACHINE : S'EN SORTIR..."

L'emprise de la technique sur nos vies a donné naissance depuis un siècle à maintes analyses critiques, lesquelles se sont multipliées depuis que la numérisation du monde a donné à cette emprise une nouvelle ampleur.

Et pourtant il est difficile d'échapper au sentiment qu'à rebours de cette abondance d'analyses critiques, une certaine « technophilie » n'a cessé de gagner du terrain dans les têtes, au fil des progrès de la technoscience et surtout, depuis deux ou trois décennies, grâce à toutes les possibilités nouvelles offertes par Internet. Les grands propriétaires et opérateurs du Web ont réussi à coloniser les esprits, de façon à ce que les populations servent leurs intérêts avec leur plein consentement.

Rien apparemment ne semble mettre un coup d'arrêt à cette hubris technicienne. Pas même les graves atteintes à l'environnement qu'elle engendre, puisque, quand les oppositions locales, même déterminées, ne parviennent pas à les contrer, elles alimentent en retour le technosolutionnisme.

Le désastre est tel que notre capacité à imaginer un chemin possible vers un avenir commun radicalement dégagé de l'emprise de la "mégamachine" semble elle-même mise à mal.

Et pourtant, ce sur quoi Ellul et Castoriadis étaient bien d'accord reste pertinent, à savoir que, pour échapper au système capitaliste/technicien qui nous emprisonne, il est indispensable que nous avions la volonté de reprendre le pouvoir sur nos vies et de s'en donner collectivement les moyens.

Mais par où commencer ? Peut-être d'abord par le fait de pouvoir envisager un imaginaire radical commun. D'autant que, même si les révoltes collectives capables d'ouvrir une perspective de transformation sociale sont imprévisibles, les moments de crise sociale et politique comme celui que nous vivons peuvent être des ferments -- et pas seulement du ressentiment qui accompagne majoritairement l'insatisfaction impuissante.

Les 5 et 6 décembre 2026 - CICP 21 ter rue Voltaire – Paris 11ème