Quelques réalités des NBIC dans le domaine médical

Par Sarah Dubernet

Sarah Dubernet intervient ensuite, dans la continuité de l’exposé précédent. Infirmière depuis 15 ans, elle a reçu une formation en santé environnementale, et a enquêté sur les nanotechnologies et leurs impacts sur le système médical… Nous sommes dans un monde qui a fait le choix de privilégier l’objet à la subjectivité, jusqu’à instrumentaliser l’homme dans ses dimensions biologiques et culturelles… Tout ce qui se met en place se discute entre industriels et ingénieurs, sans être débattu avec les soignants et la population générale. Il n’y a plus de science, il n’y a que des techniciens connectés aux impératifs de l’industrie.

Transhumanisme et intelligence artificielle désignent en réalité la même chose : l’homme-machine ou la machine-homme)… Alors que la chimie et le nucléaire ont été contestés, les industriels ne peuvent plus les utiliser comme solutions aux problèmes contemporains, désormais ce sont les technologies NBIC qui jouent ce rôle et sont promues comme les nouvelles panacées de la modernité et du progrès.

Quatre types de marchés nouveaux sont en cours de développement:

Les NBIC dans le domaine médical :

N : Nanoparticules : des métaux lourds, des nanotubes de carbone (en 2013 : 500 000 tonnes importées en France d’après la procédure de déclaration mise en place par le gouvernement en 2013, en réalité 2 millions de tonnes produites sur le sol français d’après des documents datant de 2008 trouvés par l’auteur Roger Lenglet (Nanotoxiques, p. 37)). On les utilise déjà partout, et cela depuis au moins 20 ans. Il n’y a pas besoin d’enquête toxicologique pour comprendre qu’il s’agit de métaux lourds toxiques, ils sont déjà très présents dans les médicaments, comme adjuvants. Les médias matraquent le fait que des médecins sont radiés de l’ordre des médecins pour avoir contesté les vaccins alors qu’au même moment, des experts indépendants mettent en évidence la présence de nanoparticules de plomb, zinc, titane, acier inoxydable et zirconium légèrement radioactif dans un vaccin, Meningitec, non considéré comme défectueux… Personne n’est formé à la nanotoxicologie par ailleurs.

NB : « Nanobio-objets et procédés» : des matériaux hybrides très complexes, qui peuvent se fabriquer en prenant un atome de ceci et un atome de cela, c’est une hybridation totale, le vivant devient un matériau. Dans les sphères d’ingénierie, l’ADN et le virus ne sont pas considérés comme du vivant. Miniaturisation des dispositifs médicaux en vue d’une auto-surveillance ; prolifération du tout génétique et des recherches sur les prédispositions génétiques ; chirurgie de précision nanométrique afin de manipuler des cellules souches ou de l’ADN ; les procédés d’électrofilage, la création de nouveau tissus présentés comme « biologiques » bien que l’on puisse y introduire des molécules bioactives ou des nanoparticules.

NBI : « Nanobioélectronique » : des nanopuces à ADN, des nanocapteurs, dont les plus petits connus à ce jour font la taille d’un globule rouge ; développement de la télémédecine (ou médecine « à distance ») et de la médecine prédictive (basée sur des discours réduits à la génétique et aux neurosciences ainsi que sur une surveillance continue des paramètres biologiques et comportementaux des populations) ; robotique soignante (des psychologues virtuels et robots infirmiers présentés comme plus empathiques et plus fins psychologiquement que des soignants !)

NBIC : Neurosciences : on peut télécommander une souris d’ordinateur par la pensée, télécommander un être humain, un animal ou un insecte, mettre un casque qui prétend permettre de ressentir ce que l’autre ressent (développé par des artistes espagnols type cyberpunk proches des courants transhumanistes).

Tous ces éléments se développent rapidement ; alors que les protestations contre la loi travail ont été importantes, les vraies infrastructures de l’aliénation se construisent dans le silence… Les partenariats public/privé se retrouvent à tous les niveaux et favorisent l’opacité des nouvelles trajectoires, la santé est prise en charge par les grands groupes financiers et industriels qui d’un côté polluent et de l’autre, gèrent les formations médicales et les problématiques environnementales. Ces mêmes grands groupes fabriquent la culture avec une main sur les médias et maisons d’édition, en même tant qu’ils organisent une surveillance généralisée. On assiste à une véritable régression de la pensée et une mise à mort de la démarche scientifique dans ces nouvelles trajectoires.

La technique, qui prétend nous soigner, nous fait la guerre. Comment résister et pouvoir dire non, je refuse la géoingéniérie, les arbres bioluminescents, les technologies de modification du climat et des robots qui nous soignent ? Il faut revenir à la question politique.  Il y a de très nombreuses initiatives et critiques citoyennes déjà existantes mais comment s’organiser ? Je propose d’organiser un ministère de la santé parallèle, sous la forme d’un réseau de chercheurs non institutionnels, composés de citoyens, de scientifiques et de soignants aussi bien de médecine conventionnelle que de médecines dites parallèles qui se mutualiseraient pour décider de ce que doivent être des recherches sur la santé. Gageons que si l’on tirait au sort dans la population des personnes se mettant autour d’une table pour réfléchir à ces orientations de recherche, la médecine qui en découlerait serait beaucoup plus douce et plus efficace que ce qui se fait actuellement.