L'illusion politique 2

"L'intérêt général" et moi

 EN AVRIL 
Comment et pourquoi, au nom de "l'intérêt général",
l'État détruit les écosystèmes ?
Le cas de Notre-Dame-des-Landes

avec la participation de Noël Mamère, député
et Dominique Bourg, philosophe

Travailler, produire... A tout prix. Quitte, s’il le faut, à détruire les écosystèmes…

  • Comment comprendre que des personnalités politiques puissent à la fois prétendre se préoccuper des questions environnementales (exemple : COP 21) et défendre un projet dont beaucoup démontrent la nocivité et d'autres l'absence de pertinence ? 
  • Que révèle et cache à la fois la formule « développement durable » ? A qui le concept profite t-il ? N’est-on pas en droit de parler de greenwashing ? Sous couvert de belles paroles et de beaux sentiments, n’entretient-on pas le « capitalisme vert » ?
  • Quel crédit, au final, accorder au personnel politique quand il se montre à ce point incapable de justifier les contradictions entre ses actes et ses proclamations ?

Le livre de référence :

L'illusion politique
Jacques Ellul (1965)


2ème édition, La table ronde 2004

 
  • Y a t-il encore intérêt général quand 10 000 Français sont contre ? Bien sûr ! Et un million ? Cela va de soi... Et 20 millions ? Eh bien oui, car s'il y a 45 millions de Français, l'intérêt général se confond avec la majorité. Ainsi 22 millions et 499 999 Français représentent l'intérêt particulier quand 22 millions 500 001 représentent l'intérêt général. Les choses sont en réalité plus subtiles : l'intérêt général n'est pas représenté par des gens mais par l'État.

    L'intérêt général présente un second aspect. Même s'il n'a rien à voir avec l'intérêt des hommes, même si l'entreprise est extrêmement douteuse, même si l'on ignore en définitive les résultats de ce que l'on entreprend, du moment que c'est un progrès technique, c'est l'intérêt général. Ne disons pas surtout "le progrès technique s'effectue dans l'intérêt général", cette formule permettrait encore la discussion. Non ! Dans l'esprit de nos contemporains, l'assimilation est entière : le progrès technique, quel qu'il soit, est en soi l'intérêt général.

    Jacques Ellul, Exégèse des nouveaux lieux communs, 1966
    3ème édition, 2004, La Table ronde, pp. 122 et 126
     
  • On a souvent dit que notre société occidentale était celle du gaspillage. Cela me parait évident. Mais on l'attribue souvent à l'excès de produits à notre disposition, à une mauvaise gestion économique et parfois à des conséquences de décisions administratives ou politiques. Tout cela, bien entendu, a son rôle mais ce n'est pas l'essentiel. Le gaspillage, c'est en premier lieu la conséquence inéluctable d'un système technicien en constant développement. Il faut que la technique produise tout ce qu'elle peut produire. 

    Jacques Ellul, Le bluff technologique, 1988
    2ème édition, 2004, Hachette, p. 519