L'écologie dévastée

Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l’écologie. Une prospective sans illusions peut mener à penser que, sauf catastrophe, le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie.

Bernard Charbonneau, Le Feu vert, 1980
2ème édition, Parangon, 2009, p. 131

Chaque jour depuis 2011, la centrale nucléaire de Fukushima déverse des centaines de mètres cubes d’eau empoisonnées dans l’Océan pacifique. Et, un peu partout, l’argument du dérèglement climatique se fait entendre. On serait tenté de conclure que ces deux facteurs sont susceptibles d’orienter le cours des choses dans la bonne direction.

Or non seulement il n’en n’est rien mais les efforts pour faire de l’équilibre écologique le premier de tous les objectifs politiques se dissolvent dans le greenwashing : la mode pour le « développement durable » ainsi que les opérations de propagande orchestrées par les États, telles la COP21, ont des effets désastreux tandis que les partis écologiques, les uns après les autres, s’épuisent en combats d’arrière-garde et en querelles d’égos.

Déjà en 1980, Bernard Charbonneau, l’un des pionniers du mouvement écologique en France, lançait cet avertissement : « ce qui est consacré en temps ou en argent à l’action électorale risque de manquer pour d’autres activités, notamment le travail d’information auprès du grand public. Le souci politique et électoral devient une sorte de cancer qui absorbe tout. Et la lutte pour le pouvoir se déchaîne à l’intérieur du parti entre les tendances où l’idéologie dissimule les rivalités de personnes. La courte histoire de l’écologie a suffisamment montré à quel point l’engagement politique cultive ce genre de querelles ridicules et paralysantes ».

Si ce n’est alors au sein de structures établies, comment cultiver et mettre en pratique la pensée écologique ? L’étude du livre Le Feu vert permettra d’apporter différentes réponses à cette question. Elle sera suivie par la tenue de trois journées de rencontres durant l’été 2017 (quelque part dans la nature, ça va de soi) selon un argumentaire présenté ici.

Ce séminaire est le troisième du cycle Idéaux enfumés.

Contact : lecologie-devastee@technologos.fr

Le Feu vert
Autocritique du mouvement écologique

Bernard Charbonneau (1980)


2ème édition, Parangon 2009